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Sarko 45

L'ancien président a également dénoncé l'"attaque brutale, injuste et sectaire contre la famille" du gouvernement, lors d'un meeting à Nice.

Nicolas Sarkozy a tenu, mardi 21 octobre au soir, un meeting à la tonalité très droitière à Nice (Alpes-Maritimes). Ainsi, selon l'ancien chef de l'Etat "l'immigration ne doit pas être un sujet tabou mais un sujet majeur, car cela menace notre façon de vivre".

"Les Français veulent rester en France, que la France ne ressemble pas à un autre pays. Nous voulons bien accueillir les autres, mais nous ne voulons pas changer notre pays", a-t-il estimé.

Etaient notamment présents, outre son épouse Carla Bruni-Sarkozy, Christian Estrosi, maire de Nice, Eric Ciotti, président du Conseil général, les députés Laurent Wauquiez, Jean Leonetti et Lionnel Luca, la députée européenne Nadine Morano, et la copéiste Michèle Tabarot. Tous soutiennent Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP, dont l'élection (par internet) se déroulera le 29 novembre.

Une "attaque brutale" contre la famille

L'ancien chef de l'Etat a par ailleurs vigoureusement dénoncé la décision du gouvernement de supprimer l'universalité des allocations familiales, alors que "notre politique familiale", qui est "issue du Conseil national de la Résistance", est "citée comme exemple dans le monde entier".
"Je ne peux pas accepter cette attaque brutale, injuste, sectaire contre la famille", a affirmé Nicolas Sarkozy, selon qui "cette décision va enlever du pouvoir d'achat aux familles au moment où la croissance est nulle. Il faut rétablir la politique familiale qui a fait la grandeur de la France", a-t-il martelé.

"Jusqu'où ce gouvernement va nous entraîner, dans cette obsession de détruire, de près ou de loin, ce qui n'est pas socialiste ?", a lancé le candidat à la présidence de l'UMP, devant environ 3.000 personnes qui l'applaudissaient, scandant à de nombreuses reprises "Nicolas, président".

L'ancien président s'en est également pris à son successeur, qui, après avoir touché à la politique familiale, a "scandaleusement" remis un jour de carence pour les fonctionnaires.

"Vous savez pourquoi il fait ça ? Parce que François Hollande, lorsqu'il regarde les Français, il regarde une clientèle", a-t-il asséné.

"La religion doit rester à la maison"

Comme il le fait dans tous ses meetings, l'ancien président s'est plié à un jeu de questions-réponses.
Parmi les questions - aucune n'était embarrassante pour Nicolas Sarkozy, dans cette ville de Nice qui lui avait offert son meilleur score en 2012 (60,35% contre 48,38% au plan national) - deux ont porté sur l'immigration (les illégaux et la question de la burqa et des repas halal dans les cantines scolaires).
"La religion doit rester à la maison", a-t-il lancé, plaidant pour "le même menu" à la cantine pour tous les enfants, et "pas de port ostentatoire de vêtement religieux" dans l'espace public.

Il a également fait allusion au fameux tweet de Nadine Morano, qui s'était s'insurgée en août de la présence d'une femme portant le niqab [le visage dégagé] sur une plage du sud de la France pendant que son mari se baignait. "Nous sommes dans un pays qui a ses traditions. Il faut les respecter et éviter de choquer", a-t-il dit.

Il a de nouveau plaidé pour "la maîtrise des flux migratoires", sinon "nous irons de catastrophe en catastrophe", réaffirmant que "nous ne pouvons plus donner des allocations aux personnes se trouvant illégalement en France". "L'aide médicale d'Etat se montait à 500 millions d'euros en 2012, 800 millions en 2013 !", a-t-il affirmé.

"La politique, c’est comme le dentifrice…"

Avant de regagner la propriété familiale de son épouse au Cap Nègre, le candidat à la présidence de l'UMP, en lice avec Bruno Le Maire et Hervé Mariton, a demandé à ses troupes de lui donner "un score sans conteste possible" le 29 novembre. Ainsi, "vous donnerez à votre président la force d'aller jusqu'au bout de son projet", a-t-il assuré.
Dans une interview accordée à "Nice Matin", l'ancien président a par ailleurs estimé qu'"être chef de l’Etat, c’est aussi avoir le sens des responsabilités, sentir jusqu'où on peut aller". Et de faire un parallèle étrange : "La politique, c’est comme le dentifrice. C’est facile à faire sortir mais pour le faire re-rentrer, c’est plus difficile".
Nicolas Sarkozy doit tenir un nouveau meeting ce mercredi soir à Toulon. Mardi prochain, ce sera au tour de Marseille.