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Après les révélations fracassantes de l'avocat de la société Bygmalion, Patrick Maisonneuve, lundi 26 mai, les rangs se sont resserrés autour de Nicolas Sarkozy, directement mis en cause dans l'affaire.

«Nicolas Sarkozy n'a jamais été au courant des opérations financières autour de ses comptes de campagne. Il était tellement occupé par les meetings et sa campagne qu'il laissait ça à d'autres», assurait récemment au Monde un des proches de l'ancien président.

«La question de fond, c'est : quel degré de connaissance Nicolas Sarkozy pouvait-il avoir de l'intendance de sa campagne ?, remarque de son côté un ténor de l'UMP, qui a joué un rôle important dans l'équipe de campagne de l'ex-président. Ce qui est sûr, c'est que pendant la campagne, la fin justifiait les moyens. On ne calculait pas : les dépenses passaient après le souci du résultat électoral. Comme il fallait organiser les événements au dernier moment, cela a coûté très cher. »

«SARKO PEUT SE FAIRE EMBARQUER DANS LA CHUTE DE COPÉ»

Selon un filloniste, ces dernières révélations sont à interpréter comme une volonté de Jean-François Copé de ne pas tomber seul :

«Copé essaye de mouiller Sarko pour sauver sa peau. Si l'affaire Bygmalion masque effectivement des dépenses de campagne non inscrites dans les comptes de campagne de la présidentielle, Sarko peut se faire embarquer dans la chute de Copé. Sa faiblesse énorme, c'est d'avoir confié les clés de sa campagne au camp Copé. Il reste par exemple très proche de Lavrilleux, qui est informé très précisément des montages financiers de la campagne présidentielle. Sarkozy a ainsi pris le risque d'être mouillé dans cette histoire».

Un député UMP a également déclaré, sous couvert de l'anonymat : «Il est important que les sarkozystes fassent la clarté sur ce dossier. Je trouve étonnant que les soutiens de Sarkozy ne montent pas au créneau pour dire qu'il n'a rien à voir avec cette histoire».