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Les ministres en charge de la Santé, de l'Ecologie et de l'Agriculture se sont dits favorables vendredi à une réévaluation des autorisations de commercialisation des pesticides, accusés par une étude d'être impliqués dans certaines maladies graves.
Dans un communiqué commun, les trois ministres indiquent que "ces nouveaux éléments seront transmis sans délais aux autorités européennes afin qu'ils puissent être pris en compte dans la réévaluation des substances actives autorisées au niveau communautaire".
Ils annoncent aussi avoir saisi l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire) "afin qu'elle évalue l'impact de ces nouvelles données sur les autorisations nationales existantes".
Jeudi, l'Inserm a publié une synthèse de travaux affirmant que les pesticides, majoritairement utilisés dans l'agriculture, mais que l'on retrouve partout dans l'environnement (air, poussières, denrées alimentaires, etc.) sont impliqués dans des pathologies graves comme des cancers ou la maladie de Parkinson.
Les expositions aux pesticides (herbicides, insecticides et fongicides) pendant la grossesse et la petite enfance semblent particulièrement à risque, note cette "expertise collective" de l'institut qui dresse une synthèse des connaissances sur ces substances représentées par près de 100 familles chimiques (organophosphorés, organochlorés, carbamates, pyréthrinoïdes, triazines...).
L'implication des pesticides dans des problèmes de fertilité en milieu professionnel est également évoquée.
Le retrait du marché ne suffit pas toujours à résoudre les problèmes. Ainsi, certains pesticides, comme les organochlorés, persistent pendant des années dans l'environnement et se retrouvent dans la chaîne alimentaire, rappelle le document.
Les auteurs préconisent de donner accès à la composition intégrale des pesticides commercialisés, actuellement protégée par le secret industriel.
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La Caricature de Daniel Hue

Pesticides arrosage